Présentation de la maison médicale Jeanne-Garnier

La gouvernance est-elle une maladie incurable ?

10/12/2007

« Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots ».  Jean JAURES (1859-1914)


Pour paraphraser Frederik Mispelblom Beyer, professeur de sociologie à l'université d'Evry, auteur d’un remarquable ouvrage1, fruit de vingt années d’expérience, nous dirons que diriger est un métier impossible. Diriger, c’est ferrailler, c’est résister à des pressions venues du haut et du bas. Comme le ludion utilise l’air pour flotter, le directeur utilise son pouvoir pour naviguer entre deux eaux, entre deux modes managériales. Face à cette maladie incurable, une ordonnance nous est proposée.

Frederik Mispelblom Beyer nous  rappelle que l’idée de gouverner, le concept de direction proviennent de la structure militaire de commandement décalquée dans l’entreprise ou à l’hôpital. Le manager embrasse des champs étendus de tâches, de compétences et d’outils pour réguler, négocier  ou arbitrer. La confiance entre les différents niveaux hiérarchiques, l'autonomie des cadres, l'aspect légal et réglementaire, l'évaluation, la parité entre hommes et femmes ou la nécessité de passer des compromis sociaux sont ses terrains de jeux au quotidien. La recherche de l’efficience managériale vantée par tant d’ouvrages se heurte à l’hôpital, comme ailleurs à la dure réalité du terrain.  De plus, le dirigeant doit donner du sens au travail, fédérer les acteurs, unifier des orientations différentes,  mais aussi manier la carotte et le bâton, avec plus ou moins de bonheur selon les cas. Nous connaissons tous les charmes discrets de l’évaluation individualisée. Pour le sociologue, notre rapport à la parole est révélateur. Coincé entre l’évitement de l’effet d’annonce et l’omission  involontaire qui laisse sa place à la rumeur, le dirigeant éprouve sa valeur d’engagement. Nous connaissons tous les plaisirs compassés de la communication institutionnelle.
A l’opposé du discours fataliste (on ne peut rien changer , soyons du côté des plus forts et de la mise en oeuvre du " nouveau management ") ou rageurs (tous unis contre), ce livre nous invite à pénétrer  dans une éthique de la responsabilité personnelle. Abandonnons les séductions de l étiquette « directeur », livrons nous au raffinement de l’éthique personnelle !

1Encadrer, un métier impossible ? de Frédérik Mispelblom Beyer –  Armand Colin - collection Sociétales – 301 pages – 25.50 € -

Catégorie:

Source: le Blog Pallianet

illustration présentation
Lien page accueil